Lundi 30 juin 2008
1
30
/06
/Juin
/2008
09:50
Dans plusieurs académies, des enseignants qui ont contesté les réformes ou ont fait preuve d'autonomie sur le plan pédagogique sont rappelés à l'ordre voire
sanctionnés par les rectorats.
MINISTRE, RECTEURS, MEME COMBAT ? (image empruntée au site Sauvons l'école ! qui vaut le détour, notamment sa page Pas de vacances pour Darcos !)
DANS L'ACADEMIE DE CRETEIL, L'AFFAIRE RODOLPHE JUGE, ENSEIGNANT STAGIAIRE A LA COURNEUVE
Bonjour,
Nous faisons appel à vous qui avez récemment signé une pétition exigeant la relaxe de Rodolphe Juge. Rodolphe est cet enseignant stagiaire à la Courneuve, syndiqué
CGT-Educaction 93 et représentant des stagiaires à lIUFM de Créteil qui a été injustement mis en garde à vue puis poursuivi pour « violence sur agent » alors qu'il encadrait pacifiquement une
manifestation de lycéens et personnels de léducation le 3 avril. Suite à l'élan de solidarité, un premier procès avait été reporté au 24 septembre, permettant ainsi à Rodolphe d'être titulaire
au moment de l'audience.
Or aujourd'hui à la veille des vacances, le recteur de Créteil, a pris un arrêté suspendant Rodolphe Juge de ses fonctions, cherchant ainsi à bloquer sa
titularisation et l'empêcher de retrouver ses collègues et ses élèves à la rentrée.
Le recteur prend arbitrairement une sanction ! Rien ne loblige à décider de cette suspension
aujourdhui, rien ne justifie un blocage de la titularisation.
Plusieurs interventions syndicales et intersyndicales auprès du rectorat de Créteil et du ministère de l'Education Nationale ont déjà été faites : le Recteur
campe sur sa position et ne répond pas à lintersyndicale qui lui demande une audience en urgence.
Un recours de la décision au Tribunal administratif est envisagé. Mais surtout, il faut exercer une pression citoyenne et syndicale sur le rectorat de
Créteil : nous vous appelons donc :
- à envoyer fax et mail au recteur pour exiger que la suspension de Rodolphe soit annulée afin qu'il puisse être titularisé et qu'il puisse
assurer sereinement ses cours à la rentrée. Coordonnées du recteur : 01 57 02 62 50 et/ou ce.recteur@ac-creteil.fr . Envoyez copie de votre message à cgteduc.creteil@free.fr ou 01.55.84.41.96
- à relayer largement cet appel dans vos établissements, vos réseaux, et à continuer à faire signer la pétition de soutien (http://cgteduc.creteil.free.fr/uasen/spip.php?article1248). Dautres initiatives sont prévues
et notamment un rassemblement solidaire devant le Palais de Justice de Paris le 24 septembre 2008 pour exiger la relaxe de notre collègue.
Cette action est relayée et soutenue par plusieurs organisations syndicales (CGT-Educaction, SNES,
) et est proposée à toutes les organisations syndicales qui ont
déjà exprimé leur solidarité à Rodolphe Juge (SUD, FO, SGEN-CFDT, SUD, UNSA,
). Pour plus dinfos : http://cgteduc93.free.fr/spip.php?article1621
Modèle de texte à envoyer au recteur
« Nous venons d'apprendre la suspension de fonction de notre collègue Rodolphe JUGE dans l'attente de la décision de jugement n'intervenant que le 24
septembre 2008 alors que celui ci a été reporté. Les faits reprochés à notre collègue et largement contestés n'ont rien à voir avec sa titularisation ni avec sa prise de fonction au 1er septembre
nécessaire pour ce collègue débutant. Il n'y a aucune raison de suspendre ce collègue et de bloquer sa titularisation au 1er septembre.
C'est pourquoi, nous vous demandons solennellement de ne pas bloquer la titularisation effective à venir de notre collègue, d'annuler cette
suspension et de recevoir dans les meilleurs une intersyndicale sur cette situation »
Nom
Prénom
Fonction
DANS L'ACADEMIE DE PARIS, L'AFFAIRE PIVETEAUD
*Un prof menacé pour « désaccord pédagogique »*
Plus d'infos ici.
*Éducation. L’académie de Paris demande la mutation d’un professeur des
écoles et le menace, en cas de refus, de comission disciplinaire.*
**
Il a jusqu’à ce soir, 17 heures pétantes, pour déposer sa demande de
mutation. Passé ce délai, Dominique Piveteaud, enseignant à l’école
Cavé, dans le 18e arrondissement de Paris, risque d’être muté d’office,
voire de passer en commission de discipline. Il perdra, du même coup, la
possibilité d’exercer sa mission de maître-formateur à l’IUFM, puisque
toutes les écoles ne possèdent pas de tels postes. « C’est ce que
souhaite l’inspecteur de l’académie de Paris, assure-t-il. Il ne veut
plus que je forme d’autres enseignants. Mais il ne veut pas non plus que
cela passe pour une sanction. »
La veille, et avant de lui accorder ce sursis, le supérieur hiérarchique
avait sèchement ordonné le transfert. La mobilisation d’enseignants
parisiens l’a visiblement poussé à prendre plus de gants. Car l’affaire
soulève des humeurs. Hier matin, les enseignants d’une école du 13e
arrondissement refusaient de monter en cours. Dans le 18e
arrondissement, on évoquait l’idée d’une grève.
La décision du recteur ne tient pas, affirme-t-on. « C’est une sanction
prise hors protocole, souligne Clarisse Blancheau, institutrice rue
Cavé. Aucune commission disciplinaire n’a été réunie. Et pour cause :
aucune faute professionnelle ne lui est reprochée. » Contactée,
l’académie n’était pas en mesure de s’exprimer hier après-midi.
Mais, selon Clarisse Blancheau, Dominique Piveteau est victime de ses
engagements pédagogiques et politiques. Il participe au mouvement RESF
contre l’expulsion d’enfants sans papiers. Investi pédagogiquement, il
est adhérent au Groupe français de pédagogie nouvelle (GFEN) et auteur
de plusieurs ouvrages publiés à l’École des loisirs.
Lien de cause à effet ? Toujours est-il que Dominique Piveteaud se voit
aujourd’hui vilipender pour ses manières d’enseigner. « En résumé,
l’inspectrice de circonscription m’accuse d’utiliser la méthode globale,
ce qui est faux. J’utilise une méthode mixte. Surtout, je m’appuie sur
la littérature. »
On lui reproche également un manquement à la déontologie : en octobre,
il a inclus un article de Charlie Hebdo au dossier de lecture de ses
élèves. « C’était une planche de BD, qui croquait la journée des élèves
de mon école, un jour de soutien à une enfant sans papiers. » Clarisse
Blancheau précise : « Ce sont les parents eux-mêmes qui avaient demandé
à avoir cet article… » On n’apprécierait pas, enfin, les positions qu’il
affiche en conseil pédagogique, souvent opposées à celles de son
inspectrice de circonscription. Celle-ci avait demandé à l’inspecter, en
mars. Dominique Piveteaud a refusé. « J’ai déjà été inspecté sans
problème il y a deux ans », argumente-t-il, quand la norme est d’une
inspection tous les quatre ans. « Cette fois, je me sentais visé. Le
climat était délétère. Elle venait de réduire un collègue en morceaux,
je ne voulais pas vivre cela. »
Il faut dire que la dame a sale réputation dans la circonscription de la
Goutte-d’Or, où elle oeuvre depuis quatre ans. Les enseignants évoquent
la démission, depuis son arrivée, de deux conseillères pédagogiques et
le découragement de trois secrétaires de circonscription.
Dominique Piveteaud, lui, assure qu’il ne demandera pas sa mutation. «
Ce serait reconnaître que j’ai tort », explique-t-il. « Jusqu’à présent,
la diversité pédagogique n’était pas un obstacle, dès lors que nous
avions pour objectif commun », se remémore-t-il. Fin d’une époque ? Son
affaire, quoi qu’il en soit, rappelle celle de Pierre Frakowiak,
inspecteur de l’Éducation national, qui, en 2006, avait été soumis à une
procédure disciplinaire pour avoir critiqué le point de vue sur la
lecture prôné par Gilles de Robien, alors ministre de l’Éducation.
Laissez un commentaire !